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12 Feb 2019

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Afrès : ne m'appelez plus jamais "Esclave" !

Le 4 février 2018, au Mémorial Act, en Guadeloupe, le CIPN présidé par Jacqueline JACQUERAY a lancé la journée de réhabilitation des ancêtres, de nombreux invités étaient présents, dont Hélène MIGEREL, Lik-Ibè SEJOR, Jean-Claude DONGAL, ERAUS et Marie-Line DAHOMEY.

 

CAP Citoyens salue cette initiative d'autant plus remarquable qu'elle mérite d'être évoquée.

Aussi, nous allons retranscrire l'esprit et l'idée du mot-concept "Afrès" créé en l'honneur des ancêtres.

 

Préambule

 

En 1492, l'Amérique a découvert avec effroi Christophe COLOMB et sa cohorte de misérables conquistadors dont le débarquement présida à la plus grande déportation de tous les temps et à la réduction en esclavage de millions d'hommes, de femmes et d'enfants Africains, pourtant porteurs de civilisations plurimillénaires...

 

En 2017, la découverte de A.F.R.E.S qui s'est révélée comme une évidence pour les Africains-descendants sera le point de départ de retrouvailles fraternelles de dizaines de millions de fils et de filles d'Afrique occupant désormais les deux côtés de l'Atlantique et mus par une volonté de renaissance et de prospérité...

 

AFRES PARFOIS CERTES... MAIS ESCLAVE JAMAIS !

 

Les peuples noirs ont traversé différents traumatismes au cours des siècles écoulés, et aujourd'hui subissent encore de nombreux autres, à travers tant de drames quotidiens.

Ce qui nous amène à nous demander quelle vision ils ont d'eux-mêmes et quelle vision en ont, d'une part les responsables de ces traumatismes et d'autre part, ceux qui historiquement y sont étrangers.

 

Bien que sensible, cette démarche est néanmoins fondamentale pour nous situer dans l'espace et dans le temps, mais aussi, pour nous permettre de retrouver notre estime de nous-même et imposer pacifiquement cette même estime à notre égard au reste du monde.

 

Nous nous devons nous interroger objectivement sur l'image du noir telle qu'elle est véhiculée dans le monde et sur la "valeur perçue" du Noir par les occidentaux et les arabes, protagonistes principaux de la traite négrière et de l'esclavage, mais aussi les juifs, les asiatiques et autres ethnies composant le genre humain.

 

Les mots, le vocabulaire et le langage qui constituent de puissants vecteurs de communication et d'échange ne sont jamais neutres : ils sont implicitement ou explicitement connotés et peuvent se révéler valorisants pour certains, mais négatifs, intolérants, dégradants, violents, réactionnaires et même racistes et plein de préjugés pour d'autres.

 

C'est ainsi que nombre d'entre nous utilisent au quotidien le terme "Esclave'" pour désigner et qualifier nos ancêtres communs.

La décolonisation des esprits doit certainement commencer par la déconstruction des mots et des expressions négatifs qui ont fait de nous des sujets, voire des sous-hommes, afin de les remplacer par d'autres, à vocation universelle contribuant ainsi à notre reconstruction collective.

 

Dès l'instant où nous avons conscience que les mots ont un poids et ne sont pas anodins, puisqu'ils permettent en outre de nommer un être ou une chose, nous peuples noirs, nous savons qu'il nous revient d'être à l'initiative historique d'un renversement de dogmes imposés, par essence injustes et stigmatisants.

 

En effet, sous toutes les latitudes ou presque, la couleur noire est associée à quelque chose de négatif, de mauvais ou de diabolique et ceci dès l'enfance. C'est ainsi que les enfants du monde entier apprennent qu'avoir de mauvaises pensées c'est avoir des pensées noires, qu'en musique le "code occidental" dispose qu'une blanche équivaut à deux noires, que les criminels nourrissent de "noirs" desseins et que les pessimistes envisagent l'avenir en noir...

A ces exemples non exhaustifs s'ajoutent diverses mythologies, dont celle des chinois qui assimile les noirs à des diables et qui fut en 1989, à l'origine des émeutes anti-noirs de Pékin et de Nankin qui provoquèrent de nombreux victimes.

 

Instinctivement chez beaucoup d'occidentaux, d'arabes et aussi chez nombre d'asiatiques, l'évocation du Noir ramène à l'esclavage, à la condition servile de sous-homme, à l'esclave, à l'être indolent, l"éternel perdant toujours violent avec les siens, l'être dépourvu de passé, de religion respectable, de civilisation et donc d'avenir.

 

Souvenez-vous, quant le 26 juillet 2007, à Dakar, le Président Nicolas SARKOZY s'adresse à la jeunesse africaine, en annonçant aux yeux du monde, le drame de l'Africain (l'Homme Noir) qui n'est pas assez entré dans l'histoire.

Ainsi, l'esclavagiste est présenté comme étant le colon, celui qui colonise, qui met en valeur et qui apporte la civilisation.

Les exploiteurs, les voleurs de territoires et de richesses, les violeurs, les tortionnaires et les pires racistes deviennent des conquérants de courageux aventuriers dignes d'admiration et de reconnaissance.

 

Ainsi, maltraités des siècles durant par les faits et par les mots qui les qualifient, nous avons ressenti souvent un sentiment de honte, d'humiliation, et avons eu le désir ou la tentation d'oublier une histoire traumatisante.

Nombre d'entre nous n'arrivent pas à se déterminer, à se positionner par rapport à leur propre histoire faite d'injustices et aspirent à "passer à autre chose" sans savoir à quoi précisément.

 

Ceux-là sont dans une fuite en avant caractérisée par le rejet de soi, la non estime de soi, la non revendication de droits pourtant fondamentaux, le sentiment d'une culpabilité et d'une incapacité originelles héritées d'une pseudo malédiction biblique. A cela s'ajoute souvent une absence criante de repères historiques qui nous permettraient de revendiquer fortement notre véritable identité et nous situer fièrement dans l'espace et dans le temps.

 

Nous avons été jetés hors humanité, alors que nous en sommes à l'origine, et que toutes les autres "races" sont issues de la notre, de la race africaine (et donc de la race humaine) et donc de l'Ancêtre Africain.

 

En renommant nos ancêtres, nous décidons ce jour de sortir du paradigme des esclavagistes d'hier et d'aujourd'hui pour occuper toute notre place au sein de l'Humanité.

Nous nommer, et enfin nommer nos ancêtres nous-mêmes, d'un même mot en forme de concept, constituera une victoire sur l'adversité et participera à leur indispensable réhabilitation.

 

Au terme de plusieurs mois de réflexion, de recherche et d'analyse, le mot-concept "A.F.R.E.S : AFRICAINS REDUITS EN ESCLAVAGE" s'est imposé comme une évidence.

Non seulement il sera possible de désigner l'Homme et la Femme razziés, déportés d'Afrique vers les Amériques et réduits en esclavage par le mot-concept A.F.R.E.S, mais il sera possible pour tous les Afro-descendants, en pleine décennie consacrée par l'ONU aux personnes d'ascendance africaine (2015-2024).

de nommer honorablement leurs ancêtres par le même mot-concept A.F.R.E.S ou AFRICAIN REDUIT EN ESCLAVAGE.

 

Le plus remarquable, c'est que la traduction de "AFRICAINS REDUITS EN ESCLAVAGE" (prononcer Afrès) en Kreol puis en français; anglais, espagnol, portugais ou allemand, langues des principales puissances coloniales et esclavagistes nous restitue invariablement l'abréviation A.F.R.E.S.

Et que dans ces mêmes langues, le terme désignant l'Ancêtre commence lui aussi par la lettre "A".

 

A travers les abominations que furent la déportation et l'esclavage, s'il faut bannir une fois pour toutes, un mot, un seul, c'est le mot "Esclave" qui nous éparpilla au cours des siècles passés à travers toutes les Amériques et le Moyen-Orient.

Alors, forts de notre légitimité et de notre fraternité, nous allons changer le cours de l'histoire et assumer notre destin, en nous rassemblant dans le respect et la fierté retrouvés.

 

Ce mot-concept "A.F.R.E.S" a au moins le mérite d'être proposé par le CIPN, et donc d'exister, car il faut bien comprendre que nos ancêtres n'étaient pas "Esclaves", avant d'être réduits en esclavage, ils étaient libres et certains d'entre eux venaient d'une lignée royale.

 

Nous devons donc nous approprier ce mot-concept et le faire reconnaître par tous !

 

Nous terminerons avec ce texte de Maya ANGELOU.

 

MAYA ANGELOU "Style I Rise"❤️

 

Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue...
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,

Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?

Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.

Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.

Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?

Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.

Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?

Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

 

 

Cliquez ici pour visionner la vidéo "Afrès" sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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